Memoires d'Alphonse Leroux
Aller page [1] [2] [3] [4] [5] [6] [7] [8] [9] [10] [11] [12] [13] [14]
Puisque j'écris mes
souvenirs, je ne puis omettre ceux que m'ont laissé mes parents.
Mon grand-père et ma grand-mère LEROUX
habitaient à Neuilly-sur-Seine un petit hôtel, 7,
avenue Sainte Foix. J'y suis allé une fois étant très jeune. Les appartements
m'avaient paru très luxueux. Ce qui m'avait surtout frappé, c'était le plafond
de la salle à manger. Il était peint dans un grand ovale le ciel bleu, des nuages
blancs et quelques hirondelles. Cet hôtel était perpendiculaire à la rue. Devant
un jardin et dans le fond, un petit pavillon où le grand-père bricolait de temps
à autre.
Cet hôtel fut habité par mes grands-parents jusqu'au décès de mon
grand-père.
Je me rappelle assez bien de lui, cependant je n'ai souvenir de
l'avoir vu que trois fois. La première à Neuilly et les deux autres
fois à Orchies. La dernière, il était déjà malade, il avait les
jambes très enflées, le docteur Stum était venu le voir et il me
souvient qu'il enfonçait des doigts dans l'enflure des jambes et
regardait si les empreintes mettaient longtemps à se dissiper.
Mon grand-père était né à Paris en 1800. Il devait être ingénieur. Il prit en
1833, un brevet d'invention pour un appareil propre à recevoir l'égout du sirop
de sucre en pain dans les raffineries de sucre de canne et de betteraves. Le
brevet et les appareils ont été laissés à mon frère Alexandre
en sa qualité d'ingénieur. Les beaux-frères de mon grand-père, les DUFIE
étaient raffineurs de sucre, c'était encore à l'époque une industrie bien rudimentaire.
Les grands-oncles DUFIE racontaient
que la nuit, ils se réveillaient à minuit quand on changeait l'attelage des
bœufs du manège.
Plus tard le grand-père LEROUX appartint
au haut personnel des usines CAIL. C'est ainsi qu'il vint à Orchies pour vérifier
les dires selon lesquels les sucreries avaient des turbines dont le brevet appartenait
aux usines Cail et c'est à cette occasion qu'il apprit qu'il y avait une petite
fabrique de chicorée et (de) chocolat à vendre.
Au physique mon grand-père était assez grand et maigre. Il avait
encore toute sa chevelure, taillée en brosse et blanche, de teint
mat, figure plate, moustache blanche, sa voix était un peu couverte,
il parlait brièvement. Il portait toujours une jaquette, il donnait
l'impression d'une personne distinguée. il décéda le 5 novembre
1882. La grand-mère était un peu petite. Elle était née le 9 octobre
1808. Elle m'a donné l'impression d'avoir été jolie dans son jeune
temps. Elle avait encore une chevelure noire, ondulée avec quelques
cheveux blancs. Elle portait toujours une toilette soignée mais
plutôt simple.
Après le décès du grand-père, elle alla habiter rue
Ancelle à Neuilly un petit hôtel avec jardin devant qui était
très bien, plutôt un peu grand pour une personne seule, surtout
le salon, dont le mobilier était assez important pour être partagé
en deux.
[SUITE]