Memoires d'Alphonse Leroux
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C'est une partie de ce mobilier qui meubla le salon de la rue
de Tournai après le décès de la grand-mère survenu le 30 avril 1896. D'aspect
général, elle avait l'air d'une douairière. Sa conversation était soignée, un
peu lente, elle articulait soigneusement. Dernier trait à retenir, elle était
très généreuse pour les œuvres. Le ménage LEROUX-DUFIE n'eut que deux enfants,
mon père et une fille Madame RIVIERE,
mère d'Henri RIVIERE le peintre et
de Jules RIVIERE qui fut employé à l'Hôtel de Ville de Paris, section architecture.
La tante RIVIERE, dont le premier mari était négociant en gros de tulle et dentelles
à PARIS, fut veuve de bonne heure. Elle épousa ensuite Monsieur FRUGIER, secrétaire
général de la Mairie de Montmartre. Après le décès de celui-ci, elle se remaria
à Monsieur de BELOT, diplomate. L'accord ne régna que peu de temps avec ce dernier.
Je ne me rappelle avoir vu la tante qu'une seule fois, quelques jours après
mon mariage, au décès de ma grand-mère. Elle n'assista pas à l'enterrement,
elle prétendit être malade. De ma visite chez elle, quelques jours après mon
mariage, j'ai eu l'impression que c'était une jolie femme, avec des cheveux
noirs, élégante bien parisienne.
Elle allait quelquefois chez la grand-mère avec M FRUGIER qui appréciait la
bonne table. Elle devait, je crois, quémander de temps à autre de l'argent.
Je le pense parce que mon grand-père ayant offert un cadeau de ce genre à mon
père qui ne voulait pas accepter, lui répondit: "Tu n'as pas de scrupules à
te faire, tu n'en n'auras jamais autant que ta soeur".
J'ai rencontré à plusieurs reprises mes cousins RIVIERE chez
la grand-mère; on dînait et on repartait tôt dans l'après-midi. Henri
RIVIERE apportait parfois un tableautin quelconque, il savait que celui-ci
serait récompensé. C'est ainsi qu'après le décès de ma grand-mère, il y avait
des tableaux, gravures d'Henri RIVIERE, il ne voulut pas les reprendre et les
offrit à ma soeur.
Henri RIVIERE était un original : pour ne citer qu'un seul trait, je m'étais
dérangé pour aller à l'enterrement de son frère (ou père), à la sortie du cimetière,
je lui serrai la main, j'eus un simple merci comme les autres assistants. Jules
RIVIERE était beaucoup plus simple et liant.
Je connaissais beaucoup mieux la grand-mère dernières TAVEAU
que la grand-mère LEROUX. Etant jeune,
j'avais durant la bonne saison fait quelques séjours à Roissy avec ma mère.
Je m'y amusais bien avec des cousins et cousines ; je me rappelle particulièrement
une de ces dernières Léonie COURCIER qui avait un peu des
allures de garçon.
[SUITE]