Memoires d'Alphonse Leroux

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Cela n'eut pas d'autre suite, sauf que la peau de la jambe fut longtemps très sensible. Je ne sais si ensuite elle se fortifia suffisamment.
En 1893, je crois, mon frère reçu un télégramme de Paris de Monsieur CROSNIER, directeur des raffineries SAY, lui demandant d'aller le voir. Il répondit qu'il irait à Paris dans la quinzaine. Un second télégramme de Monsieur CROSNIER réclamait sa visite d'urgence. Mon père estima que mon frère devait se décider.
Lors de sa visite à Monsieur CROSNIER, celui-ci déclara qu'il avait remercié le directeur de la sucrerie de Pont d'Ardres et qu'il avait décidé que c'était mon frère qui le remplacerait. Mon frère lui répondit qu'il ne voyait pas la chose possible, que son père avait engagé des fonds à son intention dans la sucrerie de Mouchin, qu'il s'y plaisait beaucoup, qu'il y était indépendant et qu'il ne désirait pas changer de situation. Monsieur CROSNILER pria mon frère de réfléchir et de lui donner une réponse sans retard.
Mon père estima que la proposition de Monsieur CROSNIER n'était pas à repousser, mais qu'il fallait exiger des conditions qui rendraient cette situation nettement avantageuse. C'est ce qui fut fait. Monsieur CROSNIER répondit télégraphiquement : "Félicitations, vous êtes nommé directeur de la sucrerie de Pont d'Ardres".
Adrien se mariait le 28 janvier 1896.
En 1899, mon frère était nommé directeur des sucreries d'Egypte. Il fondait peu après la chambre de commerce française du CAIRE, ce qui lui valut la décoration de chevalier de la Légion d'Honneur. Durant son activité en Egypte, il fut aussi décoré de l'Ordre d'Osmanié.
Trois ou quatre ans après, à la suite de spéculations malheureuses sur le sucre, Monsieur CROSNIER se suicidait, ce qui mit en posture difficile les administrateurs des sucreries Say et des sucreries d'Egypte qui avaient fait confiance à Monsieur CROSNIER et avaient approuvé des bilans truqués.
A la suite de ces incidents, mon frère abandonnait les sucreries Say et fondait une distillerie de betteraves aux environs de Crespy, entreprise un peu hasardeuse en raison des difficultés d'approvisionnement en eau et en betteraves. Cette distillerie fut par la suite expropriée avec les bois l'entourant pour la création d'un parc mi]itaire de munitions, ce qui sembla avoir été une solution avantageuse.
En 1925, Adrien était chargé d'une prospection en Afrique - en Côte d'Ivoire, si mes souvenirs sont exacts. Son docteur lui conseilla de se faire opérer de la prostate avant son départ, estimant que le climat tropical lui causerait des problèmes et qu'il serait peut-être très gêné dans ses activités.

[SUITE]